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Apprivoiser la pluie

10/03/2020

Il y a quelques semaines, je me suis vue trotter en maugréant sous la pluie pour rejoindre ma voiture. J’étais toute contractée, la tête rentrée dans les épaules et pleine de pensées grincheuses : « Il fait gris, c’est moche, je vais être trempée, je n’aime pas ! ».

Je me suis jetée dans ma voiture, et j’ai pris quelques secondes avant de démarrer, pour regarder de grosses gouttes de pluie s’écraser sur mon pare-brise. Alors j’ai pris conscience de l’état dans lequel je me trouvais, toute « rapoucritée » par mes ruminations. En fait, cela faisait des années que je laissais mon humeur fluctuer au gré du temps, que j’étais dépendante du soleil ou de la grisaille.

Et j’ai eu une idée que je n’avais jamais eue : j’ai joué à accueillir les effets que me procurait la pluie, je me suis mise « au diapason ». J’ai imaginé l’eau circuler en moi, les bourrasques de pluie ruisseler avec vitalité, les gouttelettes pétiller sur ma peau, et animer de vie tout mon corps.

J’ai aussi accueilli les effets de cette qualité de gris du paysage, imaginé comme cette brume humide invite au repos, comme elle amortit les pensées et les diffuse… Et j’ai laissé faire.

En quelques instants, je n’étais plus contractée. Je me sentais posée, sereine, et joyeuse.

De retour à la maison, j’ai mis un vieux jean, sauté dans des bottes en caoutchouc, et j’ai couru dehors. J’ai joué à sentir mes pas s’enfoncer dans le pré spongieux, à sauter dans les flaques pour voir l’argile tourbillonner puis se redéposer lentement, et j’ai observé le tumulte d’un petit torrent, dont les mouvements d’eau vigoureux créaient des milliers de bulles oxygénantes à chaque saut de rocher. C’est là que j’ai eu l’idée de l’illustration de couverture de mon livre…

 

Si nous n’avons pas de pouvoir sur le temps qu’il fait, nous avons du pouvoir sur nos pensées. La thérapie ACT nous apprend à défusionner des pensées négatives, à ne pas nous laisser « hameçonner », et à choisir les pensées qui nous tirent vers le haut.

C’est notre Enfant intérieur qui se libère quand nous connectons l’émerveillement. L’Enfant est naturellement fasciné par la nature. Des années de « attention tu vas te salir ! » peuvent l’avoir inhibé. Mais si nous écoutons nos en-vies, nous le reconnectons directement. Il n’est jamais bien loin, et la créativité est au rendez-vous.

Qu’il s’agisse de notre comportement alimentaire ou de tous les domaines de notre vie, le processus est le même : c’est l’écoute de nos élans de vie et de nos besoins qui nous guide et nous permet de rétablir l’équilibre.

Alors en ce début de printemps, savourons tous les états de la Nature, et de notre humaine nature, avec joie et bienveillance.

Crédit images : Fer Galindo de Pixabay

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